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La Chanteuse des Aurores: "J’embrasse les collines et les plaines. J’envoûte les aubes et les crépuscules et invite le vent à venir caresser ma nuque. La fraîcheur de ses doigts glisse le long de mes épaules. Le sable se lève et arrose le foin de mes cheveux du mieux qu’il le peut. Sur la ligne d’horizon des ombres majestueuses aux accents pourpre et violet dodelinent de la tête dans une allégresse boréale que le minéral leur envie. Un air de rien murmurant à l’orée de mon oreille une romance en fa dièse mineur annonce le clos des nocturnes. Moi, Chanteuse des Aurores, amouvocalisant les préceptes mélodieux, parfume les rosées enjôleuses et les envolées lyriques des moineaux. Déesse des vestiges musicaux, muse des inspirés de la nuit, je dépose une clef de sol au pied de ceux que le ciel invite aux voyages initiatiques. Sur les chemins de lait, j’accompagne les notes et, faisant en sorte que les portées ne s’égarent, ouvre la voie aux blanches et aux noires, aux croches et aux doubles, bergère des temps et des mesures. La mandoline en bandoulière, je descends des sommets enneigés, j’erre au petit jour, singeant la lumière et sa moitié, m’amusant de leurs discordes. De la paume de ma main jaillissent les harmonies sonores ainsi que les univers multicolores. Le vent me suit toujours. Il rafraîchit mon cou. Ses mains tombent sur mes courbes généreuses. Mes dunes de chair s’offrent à son souffle. L’humidité se dépose sur ma peau, cajolant du même coup mes sens habituellement inhibés. Mes joues et mon bas ventre se chargent d’une chaleur ésotérique, charnelle et langoureuse. Une langue aux vertus aphrodisiaques empoisonne la rigueur des principes ancestraux et soumet mon antre vaginal à la pression de l’écume. D’une implosion intérieure naît un foetus musical, puis vient la profusion symphonique. Des foetus gigognes, il en naît, il en pleut, ils s’éparpillent pour finalement s’infiltrer tant bien que mal dans le for de ceux qui, de leurs mains habiles et ensorceleuses réincarneront la mélodie des aurores..."
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